Epinay-sur-Seine, un peu d’histoire


Plongeons nous un peu dans le passé. Nous empruntons les lignes qui suivent à la Mission Départementale d’Archéologie, partenaire du « Club Archéo » du lycée.

HISTOIRE :

– En 1860, lors d’un dragage de la Seine, une épée en bronze, une lame de sabre en fer, une monnaie gauloise… ont été découverts. M. Duval en 1961, attribue certains objets en fer au Halstatt (premier Age du Fer).
– En 638, un texte de Frédégaire, relatant la mort de Dagobert, mentionne la « villa Spinogela super Sequana fluvio ».
– L’église Saint-Médard est attestée au XIIème siècle, mais son origine est probablement mérovingienne. Elle est transférée en 1812. M. Fallue en 1859, rapporte qu’environ 80 sarcophages de plâtre mérovingiens auraient été découverts.
X place René Char.
– Le moulin Coquenard est acquis par Mathieu III de Montmorency en 1218, en même temps que le moulin de la Briche. Bouchard VI de Montmorency l’abandonne à l’abbaye de Saint-Denis en 1365. Il pourrait s’agir du moulin  faisant partie du fief
Boniface.
– En 1306, Guy IX de Laval rend hommage à Jean de Montmorency : « de nostre terre de Espinollet et de la meson et de toute la partenance ». En 1373, Miles « sire de Dormans, d’Espineulg et d’Espignolet sur Sainne » avoue tenir du sire
de Montmorency « la masure où souloit estre le manoir d’Espignolet, l’étang, quatre arpens, pré, terre et jardin appartenant à ladicte masure ». En 1609, dans l’acte de vente du château d’Epinay à Jacques le Chaulnes par Henri de
Montmorency, il est fait mention « d’une grande masion, appelée l’hôtel seigneurial, contenant deux édifices à deux étages… un colombier à pied, pressoir, haute et basse cour. Jardins devant et derrière à présent en friche ».
X rue Guynemer, rue de Paris, rue de l’Abreuvoir, rue Quétigny. Il est longé au nord par la route de Paris à Pontoise, probablement d’origine antique.
– En 1365, Guillaume Tois, bourgeois de Paris, lègue au monastère de Saint-Denis, l’Hôtel de la Briche, appelé Jardin Boniface. Il comprend : un moulin, un vivier, un pressoir, des vignes des prés. Le fief passe ensuite en possession des
seigneurs de Montmorency. Le toponyme « Briche » semble n’être utilisé qu’après 1436.
– La chapelle Saint-Marc est mentionnée au XVème siècle lors de sa construction. Reconstruite et restaurée en 1649, elle disparaît en 1793. Sur la carte de Delagrive, l’édifice est situé au centre d’un enclos de 50 à 60m de côté. Des inhumations auraient été découvertes entre la rue Saint-Marc et la rue Fauveau.
X rue Saint-Marc, avenue de la République, avenue Fauveau. La route de Paris à Pontoise, d’origine antique passe au sud.
– La Carte des Chasses de Versailles ( 1764-1807) représente au nord du carrefour de la rue d’Ormesson et de l’avenue d’Enghien, un enclos quadrangulaire d’environ 60m de côté dont l’angle nord-ouest est occupé par une construction. Cet enclos est situé à environ 50m au sud-ouest du château d’Ormesson (mentionné pour la première fois au XVIème siècle).
– En 1639, Louis Girard achète le fief de Béatus qui comprend « une maison sise à Epinay sur la Grande Rue, grand corps de logis, écuries, bergeries, granges, cour, puys, colombier à pied garni de pigeons, bâtiments en enclos ».
– En 1999, la Mission départementale d’Archéologie a réalisé un diagnostic préalablement à la construction d’une piscine. Trois silos dont l’un contenait un squelette humain et deux fossés de faible profondeur sans aucun mobilier ont été fouillés.
Plus au sud, quelques trous de poteaux sans organisation identifiable ont également été mis au jour. En l’absence d’éléments datant, la phase d’occupation n’est pas attribuable.
– En 2000, un diagnostic réalisé par MDA à l’emplacement d’un projet de cinéma a permis de mettre en évidence à un fort arasement du terrain à des fins industrielles.
Aucune structure n’y a été repérée.

TOPONYMIE :

Sources : archives du XVIIIème et du XIXème siècles.

– 638 : Spinogelum
– 862 : Spinogilo
– XIII : Spinoleum
– 1205 : Spinolio
– 1209 : Espinolio
– 1264 : Espinoletum
– 1306 : Espinollet
– 1372 : Epineul
– 1394 : Espignolet et Espineil
– 1415 : Espigneul
– XV : Espinollio

HYDROGRAPHIE :

Jusqu’au milieu du XIXème siècle, l’espace compris entre le Cygne d’Enghien et la Route de Saint-Leu est une zone marécageuse.
En 1643, Louis Girard donne la description suivante de l’Etang Coquenard « a 35 arpents et 31 perches environ, il va jusqu’à un autre étang au-dessus où il y aune grande grill fait en triangle…. à côté duquel étang en tirant au gra, chemin de Saint-Denis à la Barre, appelé vulgairement le Maupas, il y a une pièce de bon pré qui tient au Moulin, donc aux terres de Saint-Lazare ». L’étang s’envase progressivement et est définitivement comblé ente » 1812 et 1820 car « les émanations entretiennent des fièvres pernicieuses ».